Les nuages viennent des livres

Juil 24, 2020

L’ADN du Cloud provient des sociétés issues d’Internet. A leurs débuts, alors qu’elles n’étaient encore que des startups, les sociétés comme yahoo, altavista (souvenirs…), google ou amazon, dont l’ADN est la programmation et les web services, ont dû faire face à l’explosion de leur trafic. Or faire face à l’explosion de trafic est une problématique principalement infrastructure. Elles se sont logiquement dotées d’importants moyens techniques et humains pour concevoir et faire évoluer les gigantesques infrastructures d’hébergement de leurs services, comme une entreprise classique.

Mais voilà, elles ne sont pas des entreprises classiques. Leurs besoins d’agilité, de rapidité et de totale adéquation entre le code et l’infrastructure afin de déployer tous les jours de nouvelles fonctionnalités est telle que, pour faire évoluer leurs services à la vitesse de leurs innovations, la gestion traditionnelle de l’infrastructure n’a plus répondu à leurs besoins. Le naturel est revenu au galop et elles ont codé. Codé l’infrastructure, scripté les déploiements, bashé les release into production, des serveurs aux routeurs en passant par les middleware et le stockage. Tout est devenu codable et automatisable en masse, pourvu que tout soit pré-connecté, branché, prêt à faire feu.

Amazon, qui n’innove pas uniquement dans la technologie, sait innover également dans son business model. La première grande innovation de son business model est le Marketplace, dans les années 2000 : Après avoir conçu pour ses propres besoins la plus belle machine logistique du monde, elle l’a ouverte à la concurrence et à crée le « Marketplace » : Les commerçants peuvent désormais vendre via Amazon, en utilisant son site, son processus de commande, sa supply chain, sa plateforme de paiement, etc. De nombreuses sociétés ont suivi Amazon dans cette innovation, comme en France rueducommerce.com ou fnac.com. Une seconde innovation de business model d’Amazon est AWS : afin de soutenir la folle vitesse de l’innovation de son site internet, Amazon a massivement automatisé son infrastructure… jusqu’à l’extrême. La mécanique fonctionne tellement bien pour ses propres besoins qu’Amazon en a fait un service, ouvert autres sociétés. Amazon Web Services est né en 2006.

En quoi est-ce une révolution ?

L’automatisation du Cloud a permis à Google de libérer l’imagination de ses développeurs et de développer, tester et mettre en production sans aucune contrainte de temps lié au déploiement de l’infrastructure. Cela a permis à Amazon de sortir de nouvelles fonctionnalités sur son site d’e-commerce toutes les 12 secondes, à Instagram ou Dropbox de ne jamais ni prévoir ni être freiné par l’explosion du nombre leurs utilisateurs et de leurs besoins de stockage. Les ressources du cloud étant disponibles à la demande, en quelques minutes et quasi-infinies, les usages sont encore à imaginer et les DSI doivent se laisser emporter par leurs imaginations pour trouver les nouveaux usages. On peut citer : monter, en 15 minutes, une infrastructure de 1000 serveurs web pendant 24 heures pour encaisser une forte hausse de trafic (coût de l’opération : 1€/24h/serveur standard sur AWS EC2), backuper les données des PC dans des disques dormants (coûts du To/an : 95€ sur AWS Glacier), monter une infrastructure de datawharehouse pour une année de stagging (AWS RedShift 780€/an pour 2To en instance réservée), etc.
C’est à se demander pourquoi investir.

Pendant ce temps-là, les fournisseurs traditionnels d’infrastructure continuent à développer des solutions achetées par le marché traditionnel, tout fonctionne bien dans cette mécanique bien huilée. Et pourquoi ne le feraient-ils pas ? C’est bien là que se trouve le marché, encore aujourd’hui en juillet 2013, et pour encore quelques années. Mais l’écart se creuse entre l’infrastructure traditionnelle et l’infrastructure en mode IaaS.

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